4.1.12

PIEDRAS PRECIOSAS


Te traigo un alga que se perdía en la espuma del mar y este peine
Mas tus cabellos están mejor trenzados que las nubes con el viento con las rojeces celestes y son tales con temblores de vida y sollozos que retorciéndose entre mis manos a veces mueren con las olas y arrecifes de la orilla con tanta abundancia que hará falta muchísimo tiempo para desesperar de los perfumes y de su huida con la noche en que este peine marca sin moverse las estrellas ocultas en su sedosa y rápida carrera atravesada por mis dedos solicitando aún a su raíz la húmeda la húmeda caricia de un mar más peligroso que aquél en que fue recogida esta alga con la espuma dispersa de una tempestad
Una estrella que muere se parece a tus labios
Azulean como el vino vertido en el mantel
Pasa un instante con hondura de mina
La antracita se queja sordamente y cae en copos sobre la ciudad
Qué frío hace en el callejón sin salida donde te conocí
Un número olvidado en una casa en ruinas
El número 4 me parece
Dentro de unos días te hallaré junto a este tiesto de ásteres de la China
Las minas roncan sordamente
Los techos se cubren de antracita
El peine en tus cabellos parece el fin del mundo
El humo el viejo pájaro y el grajo
Allí se han acabado las rosas y las esmeraldas
Las piedras preciosas y las flores
La tierra se agosta y se estrella con el ruido de una planta contra el nácar
Mas tus cabellos tan bien trenzados tienen la forma de una mano.-  


 * * *
 Je t’apporte une petite algue qui se mêlait à l’écume de la mer et ce peigne/ Mais tes cheveux sont mieux nattés que les nuages avec le vent avec les rougeurs célestes et tels avec des frémissements de vie et de sanglots que se tordant parfois entre mes mains ils meurent avec  les flots et les récifs du rivage en telle abondance qu’il faudra longtemps pour désespérer des parfums et de leur fuite avec le soir où ce peigne marque sans bouger les étoiles ensevelies dans leur  rapide et soyeux cours traversé par mes doigts sollicitant encore à leur racine la caresse humide d’une mer plus dangereuse que celle  où cette algue fut recueillie avec la mousse dispersée d’une tempête/ Une étoile qui meurt est pareille à tes lèvres/ Elles bleuissent comme le vin répandu sur la nappe/ Un instant passe avec la profondeur d’une mine/ L’anthracite se plaint sourdement et tombe en flocons sur la ville/ Qu’il fait froid dans l’impasse où je t’ai connue/ Un numéro oublié sur une maison en ruines/ Le numéro 4 je crois/ Je te retrouverai avant quelques jours près de ce pot de reine-marguerite/ Les mines ronflent sourdement/ Les toits sont couverts d’anthracite/ Ce peigne dans tes cheveux semblable à la fin du monde/ La fumée le vieil oiseau et le geai/ Là sont finies les roses et les émeraudes/ Les pierres précieuses et les fleurs/ La terre s’effrite et s’étiole avec le bruit d’un fer à repasser sur la nacre/ Mais tes cheveux si bien nattés ont la forme d’une main.-


:: « L’idée fixe » [La idea fija] en Les Ténèbres [Las tinieblas] de Robert Desnos (1927).-

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